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 Les formes fixes, sonnet/pantoum/haiku/prose

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MessageSujet: Les formes fixes, sonnet/pantoum/haiku/prose   Ven 4 Sep - 18:34

[size=18]Pantoum

pantoum , poème d'origine malaise à forme fixe.
Adapté en France par les poètes romantiques, il est composé de quatrains à
rimes croisées, dont le deuxième et le quatrième vers sont repris comme premier
et troisième vers du quatrain suivant.
Hugo, Baudelaire, Leconte de Lisle, Banville ou Verlaine ont écrit des
pantoums.
Deux thèmes y sont traités parallèlement, l'un dans les deux premiers vers,
l'autre dans les deux derniers de chaque strophe.

Le pantoum est tout moderne en français.
L'idée en fut suggérée par la traduction d'un pantoum ou chant malais que V.
Hugo donna dans les notes des Orientales en 1829, et dont Th. Gautier ne tarda
pas à faire une imitation en vers.
Mais ce n'est qu'une vingtaine d'années plus tard qu'on tenta d'acclimater ce
poème dans notre langue.
Il est écrit en strophes de quatre vers à rimes croisées construites de telle
sorte que le deuxième et le quatrième vers de chacune passent dans la suivante
pour en former le premier et le troisième vers; le premier vers de la pièce
doit en outre revenir à la fin, comme dernier vers.
Telle est la structure matérielle du poème, mais ce ne sont pas ces répétitions
qui en constituent la particularité vraiment originale; il développe dans
chaque strophe, et d'un bout à l'autre, deux idées différentes, l'une
remplissant les deux premiers vers de chaque strophe et l'autre les deux
derniers.
Généralement la première est plutôt extérieure et pittoresque, l'autre intime
et morale.
Ces deux idées n'ont rien de commun, mais il est facile de comprendre quels
effets un poète peut tirer de la poursuite de ces deux motifs différents, de
ces deux antithèses continuellement parallèles, qui se lient tout en
s'opposant.
Voici un pantoum (Harmonie du soir) de Charles Baudelaire:

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir,
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Son souvenir en moi luit comme un ostensoir!




Sonnet

Sonnet, n.m., poème de quatorze vers à forme fixe. Le
sonnet est composé de deux quatrains (strophes de quatre vers) et de deux
tercets (strophes de trois vers). Les vers, en général des alexandrins,
obéissent ordinairement, pour les rimes, à la disposition suivante :
abba-abba-ccd-ede ou eed. D'origine italienne, le sonnet fut particulièrement
développé par Pétrarque, puis il se répandit en Europe. Sa forme est
étroitement liée au lyrisme amoureux, par exemple dans les sonnets de
Shakespeare, dans ceux de Du Bellay et de Ronsard. Après une éclipse au XVIIIe
siècle, le genre du sonnet retrouva sa vogue avec les romantiques et surtout
les parnassiens et les symbolistes (Théophile Gautier, Baudelaire, Nerval,
Leconte de Lisle, Heredia, Mallarmé).

Le sonnet, poème à forme fixe de la littérature française, a été l'objet à
diverses époques et en particulier dans la nôtre d'une prédilection très marquée.
Originaire d'Italie il n'est entré dans notre poésie qu'au XVI° siècle; mais il
y a eu tout de suite un grand succès, qui s'est maintenu au XVII° siècle, pour
reprendre au XIX° après une éclipse pendant tout le XVIII°. Il est toujours
très cultivé, bien qu'il lui arrive trop souvent, comme à la plupart des petits
poèmes à forme fixe, de masquer l'absence d'inspiration sous des observances
quasi mécaniques.
Il se compose de quatorze vers, divisés en deux strophes de quatre vers sur
deux rimes, et une de six vers sur trois rimes. La disposition des rimes doit
être la même dans les deux strophes de quatre vers; elles y sont généralement
embrassées et quelquefois croisées. pour la strophe de six vers, on a coutume
de la séparer sur le papier en deux tercets, mais c'est en réalité une strophe
unique, et la disposition de ses rimes est régie par les mêmes règles que dans
toute strophe de six vers. On donne ordinairement, mais sans raison sérieuse le
nom de réguliers aux sonnets dont les strophes de quatre vers sont construites
sur les mêmes rimes embrassées de la même manière, et dont la strophe de six
vers se compose de deux vers à rimes plates, suivis de quatre vers à rime
croisée.
Le sonnet, malgré son étendue très limitée, peut aborder tous les sujets, prendre
tous les tons, et rien ne l'empêche de renfermer la poésie la plus haute comme
ceux de Heredia.
Il s'écrit encore des sonnets de nos jours. Même après des siècles d'existence,
le sonnet n'est pas considéré comme un genre périmé.

Sa forme régulière, symétrique et contraignante favorise la précision, la
concision et la suggestion (Baudelaire: "Parce que la forme est
contraignante, l'idée jaillit plus intense"); elle empêche le poète de
céder aux facilités du lyrisme.
Les rimes et le mouvement des strophes permettent des jeux d'oppositions et de
correspondances qui expriment les tensions, la complexité de la vie intérieure
du poète. Le sonnet est donc caractérisé par une forte cohérence interne. En
outre, il peut y avoir une parfaite concordance entre le contenu et la forme.
Depuis Pétrarque, le sonnet a presque constamment joui d'un grand prestige. Il
s'agit sans doute du genre littéraire qui s'est le plus pratiqué en Occident
durant les cinq derniers siècles (on estime à 45 000 le nombre de sonnets qui ont
été publiés en France, au XVIe siècle seulement).
Beaucoup de grands écrivains de la littérature universelle ont écrit des
sonnets. Cependant, aucun poète n'a pratiqué ce genre littéraire d'une manière
exclusive. L'extraordinaire popularité du sonnet tient en partie à sa forme
fixe, qui fait de lui un moule commode pour les poètes sans inspiration. On
s'en est servi souvent pour des poèmes de circonstance.
Le sonnet s'adresse à un public de choix, capable d'apprécier les richesses et
les nuances du vers et de la rime; c'est un genre noble. C'est pourquoi les
sonnettistes ont été longtemps des poètes de cours et de châteaux (au XVIIe
siècle, ils étaient très populaires dans les salons).
Le sonnet a joué un grand rôle dans la définition d'une nouvelle poésie en
France à la Renaissance (avec la Pléiade) et surtout au XIXe siècle.
Baudelaire, et à sa suite Verlaine, Mallarmé et Rimbaud ont réintroduit en
poésie le sonnet que le Siècle des Lumières avait dédaigné, et lui ont fait
subir des transformations majeures (dislocation du vers et nouvelle disposition
des rimes) dans le but d'exprimer une nouvelle conception du monde.
Malgré les variations sur la disposition des rimes et des strophes, le sonnet a
conservé à peu près la même forme à travers les siècles. Son contenu cependant
présente une grande diversité: le sonnet est la plupart du temps sentimental
(c'est- à-dire qu'il exprime les états d'âme d'un individu), mais il peut aussi
être satirique, politique, moral, religieux, réaliste, burlesque. Deux grands moments
du sonnet: à la Renaissance, avec les poètes de La Pléiade; au XIXe siècle, de
Baudelaire à Mallarmé, après environ deux siècles d'éclipse relative.
Le sonnet continue d'être pratiqué au XXe siècle par des poètes comme Louis
Aragon et Philippe Jaccottet.
En 1992, un important recueil de sonnets a été publié en France: il s'agit de
Liturgie de Robert Marteau. Ce sont des sonnets assez libres dans leur forme
(ex.: il n'y a pas toujours de rimes).
Le fait d'écrire des sonnets à la fin du XXe siècle est fortement significatif:
cela marque une prise de position contre les principes de l'écriture poétique
moderne: rupture avec le passé, absence d'unité et de continuité, etc.

J.-M. de Heredia porta le sonnet à un haut degré d'expression et de perfection.
Voici un des plus célèbres sonnets du poète des Trophées :

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré;

Ou, penchés à l'avant des blanches caravelles,
lis regardaient monter dans un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.




Prose

Forme née au XIXème siècle qui n'a recourt ni à la
rime ni à la strophe. Il utilise l'image, le rythme et la musique des mots:

PARNY : Chanson II " Belle Nélahé... "
BERTRAND : Les cinq doigts de la main
BERTRAND : Madame de Montbazon
BAUDELAIRE : Un cheval de race
RIMBAUD : Dévotion
CROS : La chanson de la plus belle femme

Le poème en prose naît officiellement en 1842 avec la parution de Gaspard de la
nuit d'Aloysius Bertrand.
Cependant, il a eu des précurseurs tels que Évariste Parny (1753-1814) avec les
Chansons madécasses (1787), Alphonse Rabbe (1786-1829) avec l'Album d'un
pessimiste (1835) et le poète allemand Novalis (1772-1801) avec les Hymnes à la
Nuit (1800, écrits en vers et en prose).
Le poème en prose existe plus que jamais aujourd'hui, après avoir connu un
essor considérable à travers le monde à partir des années soixantes.
Apparu en France, le poème en prose est resté longtemps l'apanage des poètes
français.
Ce n'est qu'au XXe siècle que sa pratique s'est répandue peu à peu hors de
France: en Europe de l'Est et de l'Ouest, en Scandinavie, en ex-Union
Soviétique, en Amérique du Nord et du Sud et même au Japon.
Auteurs et oeuvres.
Aloysius Bertrand (1807-1841), Gaspard de la nuit.
Charles Baudelaire (1821-1867), Le Spleen de Paris.
Arthur Rimbaud (1854-1891), Illuminations.
Max Jacob (1876-1944), Le Cornet à dés.
Pierre Reverdy (1889-1960), Plupart du temps.
Francis Ponge (1899-1988), Le Parti pris des choses.
Jean Tardieu (1903), La Part de l'ombre.
Maurice Chapelan (1906), Amoralités familières.
René Char (1907-1988), Le Nu perdu.
Günter Eich, poète allemand (1907-1972), Rêves.
Robert Bly, poète américain, The Morning glory (1975).
Helga Novak (1935), poète allemand, Palisaden.
(Certains des recueils cités ne contiennent pas que des poèmes en prose.)

Le poème en prose (comme le vers romantique et, plus tard, le vers libre) est
né d'une révolte contre les règles contraignantes, tyranniques du poème en vers
classique.
En l'affranchissant des conventions de la métrique et de la prosodie, le poème
en prose a permis au poète d'explorer de nouvelles terres langagières, hors des
sentiers battus de la raison et de la logique traditionnelle.
Le poète a découvert dans la prose de nouveaux rythmes, de nouveaux moyens
d'expression qui lui donnent la possibilité de mettre en forme une vision du
monde inédite, originale, en accord avec la complexité de l'époque moderne.
Le rêve et le fantastique, grâce à la forme souple et libre du poème en prose,
prennent enfin une place importante en poésie.
Le poème en prose se définit essentiellement comme un morceau de prose court et
dense, travaillé et ciselé comme un bijou, fermé sur lui-même (pas d'intrusions
du biographique) et produisant une forte impression esthétique. Cette exigence
relative autant à la forme qu'au but recherché montre bien que la liberté du
poème en prose ne correspond pas à un laisser-aller esthétique.
Le poème en prose est la manifestation d'un esprit d'individualisme qui refuse
les principes d'un monde établi.
Sa principale fonction historique a été d'attirer l'attention sur la crise des
valeurs et des formes en littérature, mais aussi dans la société en général; il
a témoigné (et témoigne encore) du désordre de l'époque moderne.
Le poète qui pratique ce genre littéraire (très peu de poètes le pratiquent de
manière exclusive), malgré le rôle important qu'il joue, est considéré comme un
marginal. Il n'a pas beaucoup de lecteurs en raison du caractère déconcertant
de son art.
Origines.
Le poème en prose a été rendu possible grâce à la déversification de la poésie.
La publication, au XVIIIe siècle, de nombreuses traductions françaises de
poèmes d'auteurs étrangers avait fait prendre conscience d'une chose capitale:
la rime et la mesure ne sont pas tout dans un poème; celui-ci, même sans les
rimes et la mesure de la version originale, peut avoir de la valeur. La prose
avait réussi à intégrer des cadences et des thèmes poétiques de chansons et de
ballades: la poésie pouvait donc exister hors des contraintes du vers. Le poème
en prose à ses débuts est proche par sa régularité de la poésie en vers
traditionnelle. Les poèmes d'Aloysius Bertrand se présentent en effet sous la
forme de couplets (en général, il y en a six) de longueur à peu près égale.
Mais ce qui comptait pour les premiers auteurs de poème en prose, c'était
d'éviter de faire de lui un substitut, un dérivé du poème en vers. Ils
voulaient créer un genre littéraire à part entière, jouissant d'une complète
autonomie.
Le poème en prose au XIXe siècle avait un caractère métaphysique très marqué.
Chez Baudelaire et surtout chez Rimbaud, le poème en prose représentait un
moyen d'explorer l'univers infini du Moi et de se rapprocher d'une réalité
supérieure, à laquelle l'ancienne poésie ne pouvait accéder, à cause de l'emprise
de la raison et de la logique traditionnelle.
Depuis le début du XXe siècle, le poème en prose s'est beaucoup transformé et
diversifié. Il a accueilli l'humour et l'insolite (cf. Max Jacob) et s'est mis
de plus en plus à l'écoute des intimes et infimes manifestations de la réalité
concrète, prosaïque. Cette tendance, que l'on trouvait un peu déjà chez
Baudelaire et Rimbaud, s'est accentuée durant les cinquante dernières années
(auteur important: Francis Ponge).



Haïku

Le haïku est un petit poème composé de trois vers
respectivement de 5, 7 et 5 syllabes. Il comporte toujours une référence à la
nature. Il exprime une sensation ténue, une impression ineffable, il rend
compte d'une sorte d'illumination, d'étonnement éprouvé par le poète devant des
choses communes, banales : le bruit de la pluie, le reflet de la lune dans
l'étang, un objet, un animal, un marcheur solitaire, etc.
Il est important de noter que le but du haïku est de nommer les choses
directement, d'où l'absence caractéristique de la métaphore, qui est un moyen
détourné de dire la réalité. Les choses dans le haïku ne sont pas là comme
symboles, ne renvoient pas à une signification située au- delà du sens
littéral, elles sont nommées pour elles- mêmes. Le haïku doit se lire à la
lettre.
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fabou
Emeraude
Emeraude


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Points: 1949
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MessageSujet: Re: Les formes fixes, sonnet/pantoum/haiku/prose   Mar 8 Sep - 11:11

De bien beaux exemples pour certains style que je ne connaissais pas
Merci Kristalik
bisous
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Les formes fixes, sonnet/pantoum/haiku/prose

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