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 Les formes fixes, comptine/ acrostiche/ sextine/ Le haïku

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MessageSujet: Les formes fixes, comptine/ acrostiche/ sextine/ Le haïku   Ven 4 Sep - 18:41

Le haïku

Le haïku (俳句, haiku?), terme créé par le poète et théoricien Shiki Masaoka (1867-1902), est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise, à forte composante symbolique, et dont la paternité, dans son esprit actuel, est attribuée au poète Bashō Matsuo (1644-1694). Le haïku tire son origine du tanka (ou waka,
voir précisions sur l'article), terme de poésie traditionnelle
japonaise. Il s'agit d'un petit poème extrêmement bref visant à dire
l'évanescence des choses. Encore appelé haïkaï (d'après le haïkaï no renga ou haïkaï-renga, forme antérieure plus triviale developpée par Sōkan au XVIe siècle) ou hokku (son nom d'origine), ce poème comporte traditionnellement 17 mores (syllabes japonaises) en trois segments 5-7-5, et est calligraphié sur une seule ligne verticale.
Les haïkus ne sont connus en Occident que depuis le tout début du XXe siècle suite à la mode du
Les écrivains occidentaux ont alors tenté de s'inspirer de cette forme
de poésie brève. La plupart du temps, ils ont choisi de transposer le
haïku japonais, qui s'écrivait sur une seule colonne sous la forme d'un
tercet de 5, 7 et 5 syllabes pour les haïkus occidentaux. Quand on compose un haïku en français, on remplace en général les mores par des syllabes ; cependant, une syllabe française peut contenir jusqu'à trois mores, ce qui engendre des poèmes irréguliers.


La sextine

Définition : sextine, sestine ou Sixtine, n.f.,
forme poétique fixe reposant notamment sur des effets complexes de reprise de
mots. Créée par le troubadour provençal Arnaut Daniel, exportée en Italie,
ramenée en France à la Renaissance, la sextine comporte six groupes de six vers
construits sur seulement deux rimes. Elle se conclut sur un groupement de trois
vers où réapparaissent à des places diverses certains des mots utilisés pour
les rimes.

La sextine, dont il y a quelques exemples au XVI° siècle et au XIXI° siècle,
est d'inspiration italienne. Elle s'écrit en alexandrins, sur deux rimes, et se
compose de six strophes de six vers, suivies d'une demi-strophe de trois,
appelée Tornada. Le premier vers de chaque strophe rime avec le troisième et le
quatrième, le second avec le cinquième et le sixième. Il n'y a pas d'autres
mots à la rime que les six qu'y a mis la première strophe, mais ils figurent
dans un autre ordre aux strophes suivantes, à savoir d'abord le sixième puis le
premier de la strophe précédente, le cinquième puis le deuxième, le quatrième
puis le troisième. (de l'ordre 1 2 3 4 5 6 on passe à 6 1 5 2 4 3 : la
dernière rime est reprise comme première de la strophe suivante, et tout
s'enchaîne selon la logique d'une spirale concentrique). Les six mots
reparaissent dans la strophe finale, à raison de deux par vers, et dans le même
ordre qu'à la première strophe, mais de telle sorte que les rimes impaires de
cette strophe entrent dans le premier hémistiche, mais non à la fin de cette
hémistiche, et ceux des rimes paires à la rime. Ce poème est assez étendu pour
que la poésie puisse y trouver une place, mais elle est constamment gênée par
les entraves matérielles. Quand on n'y trouve que le mérite des difficultés
vaincues on regrette que l'auteur n'ait pas fait un meilleur usage de son
talent. Ce type de poème est relativement rare dans la poésie française.
L'invention de ses règles très complexes est attribuée au troubadour Arnaud
Danier (1180 - 1210). En 1548, Thomas Sébillet les rappelle dans son Art
Poétique.
En voici une de Francis Lalanne:

A trop vouloir me faire aimer,
Qu'ai-je eu de ton amour ma mie ?
Tout ton corps de se refermer
Sur mon cœur ! Et pour te charmer,
Nul philtre, en ton âme endormie,
Ne peut vaincre ton anémie !

Cette étrange et sourde anémie
Qui nous réduit au mal d'aimer !
Comme une princesse endormie
Au bois de mes rêves, ma mie,
Prince, je ne peux te charmer,
Et tes yeux se refermer…

Tes lèvres se refermer
Sous l'effet de cette anémie !
Mon baiser ne peut te charmer ;
Ni t'éveiller au verbe aimer ;
A mon amour, à moi, ma mie !
Princesse toujours endormie !

pour moi seul toujours endormie,
Toujours prête à te refermer,
Qui pourra te guérir, ma mie,
Du sommeil de cette anémie
Qui lors t'empêche de m'aimer
Et m'interdit de te charmer ?

Quel prince enfin pourrait charmer,
Seul, une princesse endormie
Et de son cœur se faire aimer
Sans une aide pour refermer
Le livre de cette anémie ?
Qui pourrait te guérir ? ma mie !

Quel prince pourrait seul, ma mie !
Sans l'aide des fées, te charmer ?
Triompher de cette anémie
Qui te tiens toujours endormie ?
Mon cœur ne peut se refermer ;
Mais un cœur peut-il désaimer ?

Tornada

Sans ton amour comment aimer, ma mie ?
Quand un cœur veut se refermer, qui peut
Charmer l'être endormi par l "anémie ?

extrait de BRULANCE, le Roman d'arcanie
© 1993 , Société d'édition Les Belles Lettres
95 Bd Raspail 75006 Paris




L'acrostiche

Un acrostiche, du grec acros: "extrême, aigu" et
stichos: "vers", est un mode de composition poétique tel que la série
des lettres initiales de chaque vers, lue verticalement, forme le nom d'une
personne ou d'une chose.
Ex: LIT dans "Le dormeur du val" de RIMBAUD

Les parfums ne font pas frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Aujourd'hui, l'acrostiche est dédaigné, mais Villon, Marot, Gringore et
d'autres y ont dépensé du talent. C'est plutôt un "jeu de société"
qu'un poème.


Comptine

Petit poème ludique qui sert à compter dans un groupe
pour désigner celui qui tiendra telle ou telle place dans le jeu. Toujours
cantonnée, elle est souvent fondée sur un jeu, de rimes plus ou moins
approximatives avec les nombres; il arrive aussi qu'elles se fondent sur un pur
plaisir sonore de combinaisons dépourvues de sens. Ce peut être une courte
histoire. La grande majorité des comptines sont d'origine populaire mais
certains poètes, dont V. Hugo, Luc Bérimont,s'y sont essayés. Les chantefables
de Robert Desnos s'inspirent de la même veine.


Dernière édition par Libellule le Jeu 26 Nov - 7:35, édité 2 fois
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fabou
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MessageSujet: Re: Les formes fixes, comptine/ acrostiche/ sextine/ Le haïku   Mar 8 Sep - 11:14

Des formes poétiques que je découvre ou redécouvre,Encore merci Kristalik pour cette leçon poétique fort intéréssante
bisous
fabien
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MessageSujet: Re: Les formes fixes, comptine/ acrostiche/ sextine/ Le haïku   Dim 13 Sep - 21:13

merci mon fabou, ce sont des techniques que je n'arrive pas trop a réaliser sans passer un temps fou mais c'est un exercice intéressant et passionnant a faire
gros bisousssssssssssssssssssssssssssssss
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Les formes fixes, comptine/ acrostiche/ sextine/ Le haïku

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