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 Redécouvrir… Paul Verlaine

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AnonymousInvité
Messagepar Invité : Redécouvrir… Paul Verlaine   Ven 29 Juin - 10:14


Redécouvrir… Paul Verlaine

   Paul Verlaine n’a vécu que 51 ans, de 1844 à 1896. Pendant ces quelques années, il a aimé, beaucoup, et écrit. Ce qui nous frappe aujourd’hui, ce ne sont pas ses frasques amoureuses, ces aventures tragi-comiques avec un autre grand poète de l’époque, Arthur Rimbaud, c’est la diversité de son inspiration.

   Il passe avec aisance des gracieusetés des Fêtes Galantes au chant nuptial de La bonne Chanson, de la légèreté des débuts à la profondeur des enfermements dans Sagesse et adopte une voix grave dans Parallèlement, lorsque la mort se rapproche. Il reste toujours touchant, émouvant, bouleversant.

   Vous trouverez ci-après le récapitulatif des œuvres principales du Poète et quelques poèmes, connus et surtout, moins connus.

Recueils poétiques :
Poèmes saturniens (1866)
Fêtes galantes (1869)
Romances sans paroles (1874)
Sagesse (1880)
Jadis et naguère (1884)
Amour (1888)
Parallèlement (1889)
Œuvres critiques :
Les Poètes maudits (1884 et 1888)
Œuvres autobiographiques :
Confessions (1895)
Mes hôpitaux (1891)
Mes prisons (1893)
A Clymène
Fêtes galantes, 1869

Mystiques barcarolles,
Romances sans paroles,
Chère, puisque tes yeux,
Couleur des cieux,

Puisque ta voix, étrange
Vision qui dérange
Et trouble l'horizon
De ma raison,

Puisque l'arôme insigne
De ta pâleur de cygne
Et puisque la candeur
De ton odeur,

Ah ! puisque tout ton être,
Musique qui pénètre,
Nimbes d'anges défunts,
Tons et parfums,

A, sur d'almes cadences
En ses correspondances
Induit mon cœur subtil,
Ainsi soit-il !


Arthur Rimbaud, 1872, photo de Carjat

"Avant que tu ne t'en ailles..."
La bonne Chanson

Avant que tu ne t'en ailles,
Pâle étoile du matin,
- Mille cailles
Chantent, chantent dans le thym. -

Tourne devers le poète,
Dont les yeux sont pleins d'amour ;
- L'alouette
Monte au ciel avec le jour. -

Tourne ton regard que noie
L'aurore dans son azur ;
- Quelle joie
Parmi les champs de blé mûr ! -

Puis fais luire ma pensée
Là-bas - bien loin, oh, bien loin !
- La rosée
Gaîment brille sur le foin. -

Dans le doux rêve où s'agite
Ma mie endormie encor...
- Vite, vite,
Car voici le soleil d'or. -

« Le ciel est, par-dessus… »
Sagesse (1880)

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l’arbre qu’on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

– Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?


Paul Verlaine en 1892 au café à Paris, photo de Dornac

« Sub urbe »
Poèmes saturniens

Les petits ifs du cimetière
Frémissent au vent hiémal,
Dans la glaciale lumière.

Avec des bruits sourds qui font mal,
Les croix de bois des tombes neuves
Vibrent sur un ton anormal.

Silencieux comme les fleuves,
Mais gros de pleurs comme eux de flots,
Les fils, les mères et les veuves,

Par les détours du triste enclos,
S’écoulent, — lente théorie,
Au rythme heurté des sanglots.

Le sol sous les pieds glisse et crie,
Là-haut de grands nuages tors
S’échevèlent avec furie.

Pénétrant comme le remords,
Tombe un froid lourd qui vous écœure,
Et qui doit filtrer chez les morts,

Chez les pauvres morts, à toute heure
Seuls, et sans cesse grelottants,
— Qu’on les oublie ou qu’on les pleure ! —

Ah ! vienne vite le Printemps,
Et son clair soleil qui caresse,
Et ses doux oiseaux caquetants !

Refleurisse l’enchanteresse
Gloire des jardins et des champs
Que l’âpre hiver tient en détresse !

Et que, — des levers aux couchants,
L’or dilaté d’un ciel sans bornes
Berce de parfums et de chants,

Chers endormis, vos sommeils mornes !


Verlaine en 1893 (49 ans) par Otto Wegener

Impression de printemps
(1er mai 1893)
Poèmes Divers

Il est des jours - avez-vous remarqué ? -
Où l'on se sent plus léger qu'un oiseau,
Plus jeune qu'un enfant, et, vrai ! plus gai
Que la même gaieté d'un damoiseau.

L'on se souvient sans bien se rappeler...
Évidemment l'on rêve, et non, pourtant.
L'on semble nager et l'on croirait voler.
L'on aime ardemment sans amour cependant

Tant est léger le cœur sous le ciel clair
Et tant l'on va, sûr de soi, plein de foi
Dans les autres, que l'on trompe avec l'air
D'être plutôt trompé gentiment, soi.

La vie est bonne et l'on voudrait mourir,
Bien que n'ayant pas peur du lendemain,
Un désir indécis s'en vient fleurir,
Dirait-on, au cœur plus et moins qu'humain.

Hélas ! faut-il que meure ce bonheur ?
Meurent plutôt la vie et son tourment !
Ô dieux cléments, gardez-moi du malheur
D'à jamais perdre un moment si charmant.


Tombe de Verlaine au cimetière des Batignolles, Paris

POÈME A LA MANIÈRE DE PAUL VERLAINE
(Verlaine se parodie lui-même)
Parallèlement

C’est à cause du clair de la lune
Que j’assume ce masque nocturne
Et de Saturne penchant son urne
Et de ces lunes l’une après l’une.

Des romances sans paroles ont,
D’un accord discord ensemble et frais,
Agacé ce cœur fadasse exprès,
Ô le son, le frisson qu’elles ont !

Il n’est pas que vous n’ayez fait grâce
A quelqu’un qui vous jetait l’offense :
Or, moi, je pardonne à mon enfance
Revenant fardée et non sans grâce.

Je pardonne à ce mensonge-là
En faveur en somme du plaisir
Très banal drôlement qu’un loisir
Douloureux un peu m’inocula.
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